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Le festival

Né en 2002 d’un partenariat entre l’asbl Genres d’à Côté et le cinéma Nova, le PINK SREENS FILM FESTIVAL se propose d’aller plus loin que les clivages normatifs en promouvant une image plurielle des genres et des sexualités. Il s’agit de dépasser les étiquettes, d’ouvrir des espaces de réflexion et de débats ... bref, de permettre à chacun-e de trouver une identité positive. Dans la mouvance queer, le festival propose des films non seulement riches de réflexion mais aussi formellement intéressants : l’objectif est de défendre et de proposer un cinéma fort, politique et poétique, aussi bien à travers des documentaires que des fictions. Et si la démarche se veut cinéphile, elle tend avant tout à rencontrer un public curieux et varié. Aussi d’emblée la pluralité de la programmation tend à proposer à la fois des films exigeants et « grand public » afin de ne pas sombrer dans un élitisme vain.

Les spécificités du festival

Le fonctionnement

Le Pink Screens Film Festival a pour première spécificité de reposer entièrement sur un engagement bénévole. Chacun-e choisit un pôle de travail où il/elle trouve un intérêt personnel (recherche de financements, programmation, presse, technique, logistique, événementiel ...). Le festival peut dès lors se targuer d’être, au sens noble du terme, un festival amateur (amator, personne qui aime). Bien que bénéficiant d’un succès grandissant d’année en année et d’une réputation maintenant internationale (comme en témoignent notamment la présence de représentant-e-s du Pink Screens Film Festival à la Berlinale et les collaborations croissantes avec d’autres festivals), cet amateurisme est un garant de liberté de choix et de revendications.

Queer or not queer ?

Le questionnement queer sous-tend les réflexions du festival. Ayant anticipé ce mouvement à Bruxelles, le Pink Screens Film Festival s’est toujours voulu désireux de montrer un autre cinéma qu’il soit documentaire, expérimental, innovant, subversif. Il a ainsi programmé des œuvres dérangeantes, inédites qui proposaient des réflexions nouvelles - tantôt formelles, tantôt narratives - sur le genre, les sexualités, les identités.

Les publics

L’une des réussites du festival est d’avoir conquis un public varié. Le festival est un réel lieu de rencontre, non seulement entre les gens et les films mais aussi entre les publics : les habitués tant du cinéma Nova que des séances mensuelles de Genre d’à côté côtoient une galerie de visages éclectiques. La qualité et la pluralité de la programmation n’y sont pas étrangères. En posant la question des sexualités et des genres minoritaires le festival n’attire pas uniquement un public LGBT : il s’adresse à toute personne qui ne se retrouve pas dans les dictats de l’« hétéronormativité », ne souhaite pas être limitée par eux, les questionne ou est simplement curieuse vis-à-vis d’eux ...

L’ensemble des films projetés sont proposés en séance bilingue : dans la mesure du possible chaque œuvre est proposée dans sa version d’origine, sous-titrée lorsque nécessaire en néerlandais et en français.

La programmation

Plusieurs critères conduisent à la sélection des films programmés.

S’établissent premièrement des choix esthétiques et thématiques. Il s’agit d’aborder les genres et sexualités minoritaires en essayant de proposer la plus grande variété possible tout en envisageant l’agent formel - Que dit la forme d’un film ? Qu’apporte-t-elle à son contenu ?

S’en vient ensuite un critère de genres : la volonté de l’équipe en charge de la programmation est de maintenir un équilibre dans la représentation des hommes, des femmes, des personnes transgenres tant dans le sujets des films que dans ceux/celles qui les réalisent.

Un des objectifs est aussi d’attirer le plus grand nombre : sans public le festival cesse d’exister. Dès lors la volonté est de proposer, dans la grille de programmation, des films « grand public ».

La variété des films programmés ancre chaque année un éclectisme vivifiant générateur de nombreux débats et réflexions. Une des volontés primordiales est également de montrer des classiques et d’interroger ainsi la mémoire du cinéma.

Depuis la création du Pink Screens Film Festival, chaque édition propose différents focus ou fils roses envisageant une thématique spécifique qui peut être liée à un sujet original (en 2008, « Dark Side of the Queer » par exemple), une dimension territoriale ou identitaire (l’Allemagne en 2004), ou encore renvoyer au médium cinématographique en tant que tel en se concentrant notamment sur un-e réalisatrice/teur singulier-e voire emblématique (Vecchiali en 2006, Barbara Hammer cette année)

Les collaborations

Les diverses collaborations qui prennent place autour du festival permettent d’apporter un éclairage singulier sur les diverses thématiques queer. Au-delà de cet éclairage, elles témoignent de son importance croissante, voire de sa crédibilité. Elles permettent aussi au festival de toucher et de séduire un plus large public, lui aussi croissant.

L’édition 2010 en est un bel exemple : sur une initiative du Pink Screen Film Festival une collaboration avec Bozar permet de proposer une rencontre avec Barbara Hammer. En collaboration avec la Cinematek le festival propose de redécouvrir le réalisateur Daniel Schmid, figure essentielle de la nouvelle vague allemande ; une programmation prenant place à la fois au cinéma Nova et dans les salles de la Cinematek. Une autre collaboration avec l’Institut Cervantes permet au festival de programmer “Arrebato” de Yvan Zulueta.

De plus, le Pink Screens Film Festival est né d’un partenariat entre l’asbl Genres d’à Côté et le cinéma Nova : celui-ci confère au festival une identité singulière qu’il désire maintenir. En effet, le cinéma Nova est un lieu aussi unique qu’original dans le paysage culturel bruxellois. La richesse de sa programmation parle d’elle-même. Ce partenariat s’étend d’ailleurs au-delà du festival ; en effet la nature-même de cette collaboration demande de la part du Pink Screens Film Festival un engagement dans le fonctionnement du cinéma “alternatif”.

Le festival étant entièrement organisé par des bénévoles, sa mise en place n’est possible que par l’aide de différents partenaires, notamment le soutien de la Ville de Bruxelles et de la Communauté française de Belgique.

Cinéma Nova / rue d’Arenbergstraat, 3 - Brussel 1000 Bruxelles

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